The art of having a blast on your own - Le Mot Juste
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The art of having a blast on your own

Women are more and more aware of their own pleasure, knowing that it is not only related to male penetration, hence an expansion of the female masturbation.

The art of having a blast on your own

© Pixabay

IMPÉNÉTRABLES, LES VOIES DU PLAISIR FÉMININ ? ELLES SONT ASSURÉMENT MYSTÉRIEUSES ! LA MASTURBATION FÉMININE EST TOUJOURS TABOUE, POURTANT CELA RESTE ENCORE LE MEILLEUR MOYEN D’ATTEINDRE L’ORGASME

DEPUIS le mythe de Lilith, la première femme d’Adam avant Eve, indépendante et l’égale de l’homme ne craignant pas d’exprimer son appétit sexuel, on a tendance à étouffer tout ce qui se rapporte au désir chez la femme. La pauvre Lilith s’est d’ailleurs vue remplacer après qu’Adam ait refusé tout rapport en dehors de la positio, lui attribuant le dessus : le missionnaire ! La bienséance judéo-chrétienne ferme les yeux sur le fait que l’homme s’affaire tout seul, prêtant à la pratique un caractère d’urgence, voire d’obligation naturelle face au désir masculin irrépressible. Mais la masturbation féminine est davantage sujet à controverse… Du 18ème au 20ème siècle, l’éducation sexuelle veillait à combattre(1) la masturbation que le corps médical jugeait responsable de maux comme la surdité précoce (un cliché qui persiste) et conduisant à l’arriération mentale chez l’homme et à l’hystérie chez la femme. L’hystérie se traitait par l’emprisonnement avec camisole de force ou la cautérisation du clitoris au nitrate d’argent, une méthode préconisée en 1886 par l’Académie de médecine elle-même. Aujourd’hui, l’éducation sexuelle joue un rôle préventif pour la santé mettant en garde contre l’avènement de la pornographie mais elle banalise toute notion de plaisir ou de bien-être.

La masturbation féminine refléterait toujours un manque de satisfactions sexuelles dites normales, soit grâce à un pénis, de sorte qu’on l’imagine réservée aux veuves et aux célibataires. Ce sont les premières concernées qui taisent le phénomène : les femmes confieraient plus facilement comment elles font l’amour plutôt que comment elles se caressent. « Si elles ont dépassé le stade de la honte, leur refus ou leur réticence de se confier signifie que le tabou subsiste », souligne Serge Tisseron, psychanalyste. En couple, souvent, le déni est de mise : la plupart vont jusqu’à ignorer la masturbation comme faisant partie de la vie maritale, quand bien même lorsque leur conjoint masculin s’y adonne. Du fait d’une vision majoritairement masculine de la sexualité dans la société contemporaine et centrée sur la pénétration, les femmes se sentent obligées de penser qu’elles n’en ont plus besoin. Pourtant le nouveau rapport Hite(2) démontre que pour 85 % des femmes, la masturbation est le meilleur moyen d’accéder à l’orgasme contre une fois sur trois avec un partenaire.

La science le confirme : plus l’activité sexuelle est fréquente, meilleure est la vie sensuelle. Le désir est exponentiel, l’orgasme est plus accessible et l’image de soi-même plus gratifiante. En outre, pour faire de la relation sexuelle un véritable échange et non une quête de réassurance à travers l’autre, il est préférable de dépasser la méconnaissance de son corps afin d’apprendre à l’aimer pour ensuite guider son partenaire dans la quête de son propre plaisir. Cette communion avec soi ne met aucunement en péril le couple mais diversifie la libido.

UN SITE DO IT YOURSELF

C’est de ce constat qu’est né en 2017 le site internet OMGYES(3), un projet au nom prometteur qui dépoussière le phénomène (et pas que!) où le plaisir sexuel rencontre la recherche scientifique. Créé par deux anciennes colocataires de fac, Lydia Daniller et Rob Perkins, il représente une ressource sincère et pratique. En tout, ce sont plus de 2 000 femmes, de 18 à 95 ans, issues de différents milieux sociaux et avec différents types de sexualité, qui constitutent une base de données scientifique pour répondre à la question : comment se masturber et parvenir à l’orgasme toute seule ?(4)

Le site donne accès à une bibliothèque de bons tuyaux explicatifs délivrés par chaque membre de la communauté “comme si elle se confiait à une amie” et complétés par des infographies. Plus explicites, 50 vidéos montrent comment les techniques fonctionnent pour l’une ou l’autre des sondées. On y apprend aussi que 9 femmes sur 10 éprouvent du plaisir principalement grâce à l’état d’esprit dans lequel elles se trouvent. Autrement dit, le contexte est primordial pour l’accès au plaisir.

ET L’ORGASME ?

S’il existe un tas de techniques différentes, dont certaines remportent davantage de suffrages que d’autres, chaque femme est différente, ayant sa propre sensibilité émotionnelle et anatomique. La règle d’or est de ne surtout pas le considérer comme un but à atteindre : la pression de l’orgasme est la meilleure façon de ne pas l’atteindre. Il y a tant de sortes et d’intensités d’orgasmes que se donner du plaisir peut mener à une vie sexuelle très satisfaisante dès lors qu’on dépasse la vision binaire et réductrice “orgasme, succès / pas d’orgasme, échec”. Comme le suggère Claire Kim, manager du site, pourquoi ne pas surfer sur OMGYES seule ou avec un partenaire pour apprendre de façon ludique à mieux se connaître ?

Sources :

(1) Le livre École, sexe et vidéo d’Hélène Romano, paru en 2014 aux éditions Dunod, retrace la place que l’école a donné à l’éducation sexuelle ces derniers siècles et plus particulièrement dans un monde ultra-connecté.
(2) Le rapport Hite (1976) est le résultat de 4 ans d’enquêtes menées par Shere Hite auprès de 3 000 femmes interrogées sur leur sexualité. Ce texte a jeté un éclairage inédit sur l’émancipation sexuelle féminine enfin débarassée des préjugés masculins. 25 ans plus tard, il est réactualisé.
(3) www.omgyes.com adhésion annuelle payante.
(4) L’étude Sexual Behavior in the Human Male indique que la quasi-totalité des garçons ont entendu parler de la masturbation avant de la « la découvrent souvent seules , sans savoir que d’autres s’y sont déjà livrées et sans savoir comment procéder” et ce, plus tard que les hommes ».
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